Ce que j’aime faire quand je rentre en France 

A la veille de venir passer quelques jours en France, je me suis dit qu’il pourrait être sympa de vous raconter ce que j’aime faire quand je reviens dans mon pays natal :).

Sans grande surprise, voir ma famille et mes amis est évidemment mon objectif numéro un quand je suis en France et c’est d’ailleurs la chose que je fais à chaque fois (même en faisant un aller-retour rapide). Cependant il ne faut pas se voiler la face, je ne peux malheureusement pas voir tout le monde à chaque fois (distance géographique, emplois du temps qui ne coïncident pas), ça fait aussi partie de l’expatriation. Mais je suis ravie de voir qu’après 7 ans à l’étranger, les liens avec certains de mes proches sont toujours aussi forts!

Outre les nombreuses têtes à voir lors de mes retours, j’aime m’accorder d’autres petits plaisirs que je ne peux m’offrir qu’en France! Tout d’abord, une virée shopping à Grenoble avec ma Maman est devenue un peu incontournable. Beaucoup d’enseignes françaises n’existent pas en Allemagne (Camaïeu ou la Fnac pour ne citer qu’eux). Attention, je ne dévalise jamais les magasins, mais le seul fait d’y rentrer, c’est un peu comme rendre visite à une vieille connaissance et ça suffit à me faire plaisir :). Et puis, c’est aussi une façon de voir ce qui se passe en France côté mode, médias, etc.

Une autre chose qui peut paraître banale: manger dans un bistro français. Les menus mais aussi ces ambiances typiques n’existent pas en Allemagne et j’avoue que cela me manque de temps en temps. Et puis c’est l’occasion de découvrir de nouveaux plats ou de savourer des classiques.

Quand ma valise me le permet (comprendre, quand je viens en voiture), je profite de mon passage en France pour faire le plein de bonnes choses qui n’existent pas en Allemagne. Je vous ai déjà souvent parlé de ces produits qui manquent de manière générale aux expatriés, pour vous en citer quelques uns: des sirops, des petites barquettes de Lu, des ravioles, du fromage, du saucisson, etc. Mes besoins varient en fonction de mes réserves restantes en Allemagne ;).

Enfin, quand le temps (dans tous les sens du terme) le permet, faire une randonnée en montagne et admirer ces paysages qui me manquent tant dans mon nouveau chez moi est devenue une de mes activités favorites. Eh puis, mon mari adore aussi découvrir ces merveilles! Je vous en fait d’ailleurs un peu profiter avec une photo d’une de ces randonnées ci-dessous ;).

Voilà pour ces petites choses, toutes simples, qui me donnent le sourire en France. Mais après tout, la vie est faite de petits bonheurs simples 🙂

Et sur ces mots je vous donne rendez-vous en septembre pour les prochains articles, le blog prend un peu de vacances :).

Le vaillant petit tailleur (Sept d’un coup)

Une fois n’est pas coutume, c’est avec un nouveau conte des frères Grimm et un peu de lecture que j’inaugure ce mois d’août 🙂
Par une matinée d’été, un petit tailleur, assis sur sa table près de la fenêtre, cousait joyeusement et de toutes ses forces. Il vint à passer dans la rue une paysanne qui criait: « Bonne crème à vendre! bonne crème à vendre! « Ce mot de crème résonna agréablement aux oreilles du petit homme, et passant sa mignonne tête par la fenêtre: « Ici, bonne femme, entrez ici, lui dit-il, vous trouverez acheteur. »

Elle monta, chargée de son lourd panier, les trois marches de la boutique du tailleur et il fallut quelle étalât tous ses pots devant lui. Après les avoir tous considérés, maniés, flairés l’un après l’autre, il finit par dire: « Il me semble que cette crème est bonne; pesez-m’en deux onces, bonne femme, allez même jusqu’au quarteron. » La paysanne, qui avait espéré faire un marché plus considérable, lui donna ce qu’il désirait; mais elle s’en alla en grondant et en murmurant.

« Maintenant, s’écria le petit tailleur, je prie Dieu qu’il me fasse la grâce de bénir cette bonne crème, pour quelle me rende force et vigueur. » Et prenant le pain dans l’armoire, il coupa une longue tartine pour étendre sa crème dessus. « Voilà qui n’aura pas mauvais goût, pensa-t-il, mais, avant de l’entamer, il faut que j’achève cette veste. » Il posa sa tartine à côté de lui et se remit à coudre, et dans sa joie il faisait des points de plus en plus grands. Cependant l’odeur de la crème attirait les mouches qui couvraient le mur et elles vinrent en foule se poser dessus. « Qui vous a invitées ici? » dit le tailleur en chassant ces hôtes incommodes.

Mais les mouches qui n’entendaient pas le français, revinrent en plus grand nombre qu’auparavant. Cette fois, la moutarde lui monta au nez, et saisissant un lambeau de drap dans son tiroir: « Attendez, s’écria-t-il, je vais vous en donner; » et il frappa dessus sans pitié. Ce grand coup porté, il compta les morts; il n’y en avait pas moins de sept, qui gisaient les pattes étendues. « Peste! se dit-il étonné lui-même de sa valeur, il paraît que je suis un gaillard, il faut que toute la ville le sache. »

Et, dans son enthousiasme, il se fit une ceinture et broda dessus en grosses lettres: « J’en abats sept d’un coup! »

« Mais la ville ne suffit pas, ajouta-t-il encore, il faut que le monde tout entier l’apprenne. » Le cœur lui frétillait de joie dans la poitrine comme la queue d’un petit agneau.

Il mit donc sa ceinture et résolut de courir le monde, car sa boutique lui semblait désormais un trop petit théâtre pour sa valeur. Avant de sortir de chez lui, il chercha dans toute la maison s’il n’avait rien à emporter, mais il ne trouva qu’un vieux fromage qu’il mit dans sa poche. Devant sa porte, il y avait un oiseau en cage; il le mit dans sa poche avec le fromage. Puis il enfila bravement son chemin; et, comme il était leste et actif, il marcha sans se fatiguer.

Il passa par une montagne au sommet de laquelle était assis un énorme géant qui regardait tranquillement les passants. Le petit tailleur alla droit à lui et lui dit: « Bonjour, camarade; te voilà assis, tu regarde le monde à tes pieds? Pour moi, je me suis mis en route et je cherche les aventures. Veux-tu venir avec moi? »

Le géant lui répondit d’un air de mépris: « Petit drôle! petit avorton!

– Est-il possible? » s’écria le petit tailleur; et, boutonnant son habit, il montra sa ceinture au géant en lui disant: « Lis ceci, tu verras à qui tu as affaire. »

Le géant, qui lut: « Sept d’un coup! » s’imagina que c’étaient des hommes que le tailleur avait tués, et conçut un peu plus de respect pour le petit personnage. Cependant, pour l’éprouver, il prit un caillou dans sa main et le pressa si fort que l’eau en suintait. « Maintenant, dit-il, fais comme moi, si tu as de la vigueur.

– N’est-ce que cela? répondit le tailleur; c’est un jeu d’enfant dans mon pays. » Et fouillant à sa poche il prit son fromage mou et le serra dans sa main de façon à en faire sortir tout le jus. « Eh bien, ajouta-t-il, voilà qui te vaut bien, ce me semble. »

Le géant ne savait que dire et ne comprenait pas qu’un nain pût être si fort. Il prit un autre caillou et le lança si haut que l’œil le voyait à peine, en disant: « Allons, petit homme, fais comme moi.

– Bien lancé! dit le tailleur, mais le caillou est retombé. Moi, j’en vais lancer un autre qui ne retombera pas. » Et prenant l’oiseau qui était dans sa poche, il le jeta en l’air.

L’oiseau, joyeux de se sentir libre, s’envola à tire d’aile, et ne revint pas. « Qu’en dis-tu, cette fois, camarade? ajouta-t-il.

– C’est bien fait, répondit le géant, mais je veux voir si tu portes aussi lourd que tu lances loin. » Et il conduisit le petit tailleur devant un chêne énorme qui était abattu sur le sol. « Si tu es vraiment fort, dit-il, il faut que tu m’aides à enlever cet arbre.

– Volontiers, répondit le petit homme, prends le tronc sur ton épaule; je me chargerai des branches et de la tête, c’est le plus lourd. »

Le géant prit le tronc sur son épaule, mais le petit tailleur s’assit sur une branche, de sorte que le géant, qui ne pouvait pas regarder derrière lui, portait l’arbre tout entier et le tailleur par-dessus le marché. Il s’était installé paisiblement, et sifflait gaiement le petit air:

Il était trois tailleurs qui chevauchaient ensemble, comme si c’eût été pour lui un jeu d’enfant que de porter un arbre. Le géant, écrasé sous le fardeau et n’en pouvant plus au bout de quelques pas, lui cria: « Attention, je laisse tout tomber. » Le petit homme sauta lestement en bas, et saisissant l’arbre dans ses deux bras, comme s’il en avait porté sa part, il dit au géant: « Tu n’es guère vigoureux pour un gaillard de ta taille. »

Ils continuèrent leur chemin, et, comme ils passaient devant un cerisier, le géant saisit la tête de l’arbre où étaient les fruits les plus mûrs, et, la courbant jusqu’en bas, la mit dans la main du tailleur pour lui faire manger les cerises. Mais celui-ci était bien trop faible pour la maintenir, et, quand le géant l’eut lâchée, l’arbre en se redressant emporta le tailleur avec lui. Il redescendit sans se blesser; mais le géant lui dit: « Qu’est-ce donc! est-ce que tu n’aurais pas la force de courber une pareille baguette?

– Il ne s’agit pas de force, répondit le petit tailleur; qu’est-ce que cela pour un homme qui en a abattu sept d’un coup? J’ai sauté par-dessus l’arbre pour me garantir du plomb, parce qu’il y avait en bas des chasseurs qui tiraient aux buissons; fais-en autant, si tu peux. » Le géant essaya, mais il ne put sauter par-dessus l’arbre, et il resta embarrassé dans les branches. Ainsi le tailleur conserva l’avantage.

« Puisque tu es un si brave garçon, dit le géant, il faut que tu viennes dans notre caverne et que tu passes la nuit chez nous. »

Le tailleur y consentit volontiers. Quand ils furent arrivés, ils trouvèrent d’autres géants assis près du feu, tenant à la main et mangeant chacun un mouton rôti. Le tailleur jugeait l’appartement plus grand que sa boutique. Le géant lui montra son lit et lui dit de se coucher. Mais, comme le lit était trop grand pour un si petit corps, il se blottit dans un coin. A minuit, le géant, croyant qu’il dormait d’un profond sommeil, saisit une grosse barre de fer et en donna un grand coup au beau milieu du lit; il pensait bien avoir tué J’avorton sans rémission. Au petit jour, les géants se levèrent et allèrent dans le bois; ils avaient oublié le tailleur; quand ils le virent sortir de la caverne d’un air joyeux et passablement effronté, ils furent pris de peur, et, craignant qu’il ne les tuât tous, ils s’enfuirent au plus vite.

Le petit tailleur continua son voyage, toujours le nez au vent. Après avoir longtemps erré, il arriva dans le jardin d’un palais, et, comme il se sentait un peu fatigué, il se coucha sur le gazon et s’endormit. Les gens qui passaient par là se mirent à le considérer de tous côtés et lurent sur sa ceinture: Sept d’un coup! « Ah! se dirent-ils, qu’est-ce que ce foudre de guerre vient faire ici au milieu de la paix? il faut que ce soit quelque puissant seigneur. » Ils allèrent en faire part au roi, en ajoutant que si la guerre venait à éclater, ce serait un utile auxiliaire qu’il faudrait s’attacher à tout prix. Le roi goûta ce conseil et envoya un de ses courtisans au petit homme pour lui offrir du service aussitôt qu’il serait éveillé. L’envoyé resta en sentinelle près du dormeur, et, quand celui-ci eut commencé à ouvrir les yeux et à se tirer les membres, il lui fit ses propositions. « J’étais venu pour cela, répondit l’autre, et je suis prêt à entrer au service du roi. » On le reçut avec toutes sortes d’honneurs, et on lui assigna un logement à la cour.

Mais les militaires étaient jaloux de lui et auraient voulu le voir à mille lieues plus loin. « Qu’est-ce que tout cela deviendra? se disaient-ils entre eux; si nous avons quelque querelle avec lui, il se jettera sur nous et en abattra sept à chaque coup. Pas un de nous ne survivra. » Ils se résolurent d’aller trouver le roi et de lui demander tous leur congé. « Nous ne pouvons pas, lui dirent-ils, rester auprès d’un homme qui en abat sept d’un coup. »

Le roi était bien désolé de voir ainsi tous ses loyaux serviteurs l’abandonner; il aurait souhaité de n’avoir jamais vu celui qui en était la cause et s’en serait débarrassé volontiers. Mais il n’osait pas le congédier, de peur que cet homme terrible ne le tuât ainsi que son peuple pour s’emparer du trône.

Le roi, après y avoir beaucoup songé, trouva un expédient. Il envoya faire au petit tailleur une offre que celui-ci ne pouvait manquer d’accepter en sa qualité de héros. Il y avait dans une forêt du pays deux géants qui commettaient toutes sortes de brigandages, de meurtres et d’incendies. Personne n’approchait d’eux sans craindre pour ses jours. S’il parvenait à les vaincre et à les mettre à mort, le roi lui donnerait sa fille unique en mariage, avec la moitié du royaume pour dot. On mettait à sa disposition cent cavaliers pour l’aider au besoin. Le petit tailleur pensa que l’occasion d’épouser une jolie princesse était belle et ne se retrouverait pas tous les jours. Il déclara qu’il consentait à marcher contre les géants, mais qu’il n’avait que faire de l’escorte des cent cavaliers, celui qui en avait abattu sept d’un coup ne craignant pas deux adversaires à la fois.

Il se mit donc en marche suivi des cent cavaliers. Quand on fut arrivé à la lisière de la forêt, il leur dit de l’attendre, et qu’il viendrait à bout des géants à lui tout seul. Puis il entra dans le bois en regardant avec précaution autour de lui. Au bout d’un moment il aperçut les deux géants endormis sous un arbre et ronflant si fort que les branches en tremblaient. Le petit tailleur remplit ses deux poches de cailloux, et, montant dans l’arbre sans perdre de temps, il se glissa sur une branche qui s’avançait juste au-dessus des deux dormeurs et laissa tomber quelques cailloux, l’un après l’autre, sur l’estomac de l’un d’eux. Le géant fut longtemps sans rien sentir, mais à la fin il s’éveilla, et poussant son camarade il lui dit: « Pourquoi me frappes-tu?

– Tu rêves, dit l’autre, je ne t’ai pas touché. »

Ils se rendormirent. Le tailleur se mit alors à jeter une pierre au second. « Qu’y a-t-il? s’écria celui-ci, qu’est-ce que tu me jettes?

– Je ne t’ai rien jeté; tu rêves, » répondit le premier.

Ils se disputèrent quelque temps; mais, comme ils étaient fatigués, ils finirent par s’apaiser et se rendormir encore. Cependant le tailleur recommença son jeu, et choisissant le plus gros de ses cailloux, il le jeta de toutes ses forces sur l’estomac du premier géant. « C’est trop fort! » s’écria celui-ci; et se levant comme un forcené, il sauta sur son compagnon, qui lui rendit la monnaie de sa pièce. Le combat devint si furieux qu’ils arrachaient des arbres pour s’en faire des armes, et l’affaire ne cessa que lorsque tous les deux furent étendus morts sur le sol.

Alors le petit tailleur descendit de son poste. « Il est bien heureux, pensait-il, qu’ils n’aient pas aussi arraché l’arbre sur lequel j’étais perché; j’aurais été obligé de sauter sur quelque autre, comme un écureuil; mais on est leste dans notre métier. » Il tira son épée, et, après en avoir donné à chacun d’eux une couple de bons coups dans la poitrine, il revint trouver les cavaliers et leur dit: « C’est fini, je leur ai donné le coup de grâce; l’affaire a été chaude; ils voulaient résister, ils ont arraché des arbres pour me les lancer; mais à quoi servirait tout cela contre un homme comme moi, qui en abats sept d’un coup!

– N’êtes-vous pas blessé? demandèrent les cavaliers.

– Non, dit-il, je n’ai pas un cheveu de dérangé. »

Les cavaliers ne voulaient pas le croire; ils entrèrent dans le bois et trouvèrent en effet les géants nageant dans leur sang, et les arbres abattus de tous côtés autour d’eux.

Le petit tailleur réclama la récompense promise par le roi; mais celui-ci qui se repentait d’avoir engagé sa parole, chercha encore à se débarrasser du héros. « Il y a, lui dit-il, une autre aventure dont tu dois venir à bout avant d’obtenir ma fille et la moitié de mon royaume. Mes forêts sont fréquentées par une licorne qui y fait beaucoup de dégâts, il faut t’en emparer.

– Une licorne me fait encore moins peur que deux géants: Sept d’un coup, c’est ma devise. »

Il prit une corde et une hache et entra dans le bois, en ordonnant à ceux qui l’accompagnaient de l’attendre au dehors. Il n’eut pas à chercher longtemps; la licorne apparut bientôt, et elle s’élança sur lui pour le percer. « Doucement, doucement, dit-il; trop vite ne vaut rien. » Il resta immobile jusqu’à ce que l’animal fût tout près de lui, et alors il se glissa lestement derrière le tronc d’un arbre. La licorne, qui était lancée de toutes ses forces contre l’arbre, y enfonça sa corne si profondément qu’il lui fut impossible de la retirer, et qu’elle fut prise ainsi. « L’oiseau est en cage »se dit le tailleur, et sortant de sa cachette, il s’approcha de la licorne, lui passa sa corde autour du cou; à coups de hache il débarrassa sa corne enfoncée dans le tronc, et, quand tout fut fini, il amena l’animal devant le roi.

Mais le roi ne couvait se résoudre à tenir sa parôle; il lui posa encore une troisième condition. Il s’agissait de s’emparer d’un sanglier qui faisait de grands ravages dans les bois. Les chasseurs du roi avaient ordre de prêter main-forte. Le tailleur accepta en disant que ce n’était qu’un jeu d’enfants. Il entra dans le bois sans les chasseurs; et ils n’en furent pas fâchés, car le sanglier les avait déjà reçus maintes fois de telle façon qu’ils n’étaient nullement tentés d’y retourner. Dès que le sanglier eut aperçu le tailleur, il se précipita sur lui, en écumant et en montrant ses défenses aiguës pour le découdre; mais le léger petit homme se réfugia dans une chapelle qui était là tout près, et en ressortit aussitôt en sautant par la fenêtre. Le sanglier y avait pénétré derrière lui; mais en deux bonds le tailleur revint à la porte et la ferma, de sorte que la bête furieuse se trouva prise, car elle était trop lourde et trop massive pour s’enfuir par le même chemin. Après cet exploit, il appela les chasseurs pour qu’ils vissent le prisonnier de leurs propres yeux, et il se présenta au roi, auquel force fut cette fois de s’exécuter malgré lui et de lui donner sa fille et la moitié de son royaume. Il eût eu bien plus de mal encore a se décider s’il avait su que son gendre n’était pas un grand guerrier, mais un petit manieur d’aiguille. Les noces furent célébrées avec beaucoup de magnificence et peu de joie, et d’un tailleur on fit un roi.

Quelque temps après, la jeune reine entendit la nuit son mari qui disait en rêvant: « Allons, garçon, termine cette veste et ravaude cette culotte, ou sinon je te donne de l’aune sur les oreilles. » Elle comprit ainsi dans quelle arrière-boutique le jeune homme avait été élevé, et le lendemain elle alla se plaindre à son père, le priant de la délivrer d’un mari qui n’était qu’un misérable tailleur.

Le roi lui dit pour la consoler: « La nuit prochaine, laisse ta chambre ouverte; mes serviteurs se tiendront à la porte, et, quand il sera endormi, ils entreront, et le porteront chargé de chaînes sur un navire qui l’emmènera bien loin. »

La jeune femme était charmée; mais l’écuyer du roi, qui avait tout entendu et qui aimait le nouveau prince, alla lui découvrir le complot.

« J’y mettrai bon ordre, » lui dit le tailleur. Le soir il se coucha comme à l’ordinaire, et quand sa femme le crut bien endormi, elle alla ouvrir la porte et se recoucha à ses côtés. Mais le petit homme, qui faisait semblant de dormir, se mit à crier à haute voix: « Allons, garçon, termine cette veste et ravaude cette culotte, ou sinon je te donne de l’aune sur les oreilles. J’en ai abattu sept d’un coup, j’ai tué deux géants, chassé une licorne, pris un sanglier; aurais-je donc peur des gens qui sont blottis à ma porte? » En entendant ces derniers mots, ils furent tous pris d’une telle épouvante, qu’ils s’enfuirent comme s’ils avaient eu le diable à leurs trousses, et que jamais personne n’osa plus se risquer contre lui. Et de cette manière il conserva toute sa vie la couronne.

7 ans en Allemagne

Voilà 7 ans que je suis arrivée en Allemagne à Cologne. Je me souviens encore très bien de cette journée de départ, partagée entre excitation, angoisse, tristesse, appréhension, un peu tous les sentiments qui peuvent habiter un être humain!

Je me revois encore, à la descente du train, accueillie par ma colocataire de l’époque, débutant cette nouvelle vie dont je ne savais trop quoi attendre. J’étais prête pour m’expatrier, c’était mon plus grand souhait, mais ma nouvelle vie future était floue. D’ailleurs, celui qui vous dira qu’il ne ressent rien à un changement de vie aussi radical est un menteur! Personne ne peut savoir à l’avance comment va se dérouler sa vie, encore moins quand elle change. Un peu comme l’arrivée d’un enfant, on en a beaucoup entendu parlé, mais tant qu’on ne l’a pas vécu soi-même, on ne sait pas.

Ma 7e année en Allemagne aura été la plus intense émotionnellement parlant puisque c’est l’année où je me suis mariée, deux fois même! Mais avec le même homme, rassurez-vous 😀 Mais surtout, je vous l’ai annoncé il y a peu sur Facebook, ces dernières semaines ont été le théâtre du plus grand bouleversement qu’un couple puisse connaître puisque nous attendons notre premier enfant pour janvier 2018!

Inutile de vous dire que cette 8e année à venir va être riche en émotion et surtout, à son terme, je pourrais faire une demande de naturalisation allemande! La question de la naturalisation, je me la pose depuis longtemps. J’ai très vite été pour avoir une double nationalité, d’abord par amour de l’Allemagne, et désormais, pour avoir en plus les mêmes droits que les Allemands. Pour voter bien évidemment, mais aussi de manière générale car, en tant que non-Allemande, j’ai moins de droits que mon mari sur nos enfants par exemple, même en étant la mère (les Allemands gardent en eux la notion de « sang allemand »). C’est un long sujet dans lequel je ne rentrerai pas plus en détails pour le moment, mais c’est une des motivations qui me poussent aussi à devenir Allemande.

Devenir maman en Allemagne

Comme vous avez pu le voir sur la page Facebook il y a quelques jours, je vais devenir maman dans les prochains mois :). L’occasion pour moi d’aborder un nouveau sujet sur ce blog : la grossesse en Allemagne et plus tard, être maman. Pour ce premier article sur le sujet, je ne vais pas trop rentrer dans les détails, la grossesse en Allemagne est un sujet particulièrement vaste et on a vite fait de s’y perdre ;).

Le suivi de grossesse

De manière générale, la prise en charge de la grossesse est très suivie en Allemagne, nombres de Françaises  ayant eu une grossesse en France et une en Allemagne vantent les mérites de l’Allemagne en la matière. Et c’est vrai qu’une fois enceinte, on est suivi à la loupe! Ici, pas besoin de faire une prise pour confirmer la grossesse, il faut directement prendre rendez-vous chez son gynécologue qui fera une première échographie de confirmation. Donc au contraire de la France où la plupart des futures mamans doivent attendre l’échographie du premier trimestre aux alentours de la 12e semaine pour voir leur bébé, en Allemagne, on peut le voir dès la 6e semaine. Ensuite, c’est un rendez-vous par mois pour le suivi de grossesse avec à chaque fois prélèvement d’urine, contrôles de la tension et du poids ainsi que divers contrôles en fonction du mois, tout cela souvent réalisé par une assistante médicale. Et bien sûr, passage dans le bureau du gynéco pour une éventuelle échographie et questions sur le déroulement de la grossesse. En Allemagne comme en France, il y a trois échographies automatiques ainsi que celle pour confirmer la grossesse. Il est possible de faire faire plus d’échographies, mais cela est payant. Car là encore, les soins allemands restent fidèles à eux-mêmes, un service minimum, et le reste est à vos frais. Ainsi, pour le dépistage de la trisomie 21, il s’agit d’une échographie extra, donc payante. Eh oui. Attention, pour les grossesses qui présentent des risques, ces examens extra sont pris en charge par les assurances maladies, pour les autres, c’est le porte-monnaie qui paie. Et c’est rarement donné (environ 80€ pour l’examen pour dépister une éventuelle trisomie 21).

La grossesse et le travail

Une autre très grosse différence d’avec la France, c’est le rapport au travail de la femme enceinte. La Loi interdit à tous les employeurs de faire faire des heures supplémentaires, du travail de nuit ou des travaux particulièrement physiques ou dangereux aux femmes enceintes. De plus, et c’est là qu’est la différence majeure, selon les catégories de métiers, les femmes enceintes doivent passer des examens sanguins particuliers pour savoir si elles peuvent continuer à exercer leur métier en toute sécurité. Cela concerne entre autres les métiers de soin, les métiers où il y a un contact avec les animaux et … les métiers où il y a un contact avec les enfants! J’ai du donc moi aussi faire ses examens et  manque de chance, je ne suis pas immunisée contre deux maladies infantiles dangereuses pour le futur bébé. Les conséquences sont simples : j’ai une interdiction de travailler pour toute ma grossesse! Je suis donc à la maison pour les mois à venir, payée à ne rien faire. Ça en fait râler beaucoup, encore plus sont jaloux, mais personnellement, ça ne m’amuse pas du tout. Je suis quelqu’un d’actif et le contact avec les collègues et les enfants me manquent beaucoup.

J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet dans les mois à venir et de vous en apprendre un peu plus certainement, en attendant, si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser, je me ferai un plaisir d’y répondre et cela pourrait m’orienter pour l’écriture des prochains articles 🙂

Coup de gueule!

A la veille de mon départ aux Seychelles, j’avais prévu un article plus léger pour aujourd’hui, mais au vu du nombre de critiques incessantes que je reçois sur certains de mes articles, il est temps que je réponde publiquement à ces remarques!

On me reproche notamment que ce blog est rempli de clichés… Mais réfléchissez-vous une seconde pour vous demander si certains de ces clichés ne sont pas vraies finalement??? Je suis désolée si c’est trop cliché à votre goût, mais oui, les Allemands aiment boire de la bière! Oui les Allemands aiment les saucisses!! Et oui, les marchés de Noël sont sacrés en Allemagne!! Et avant de me juger que je ne généralise trop facilement, tournez votre langue sept fois dans votre bouche! Ceux qui me connaissent vraiment savent que je suis particulièrement tolérante et que je ne généralise pas souvent! (Nb: je précise d’ailleurs à chaque fois que je ne généralise pas, mais bon, quand on n’a pas appris à lire correctement, évidemment, ces choses-là, on ne les voit pas). Seulement, je vis en Allemagne depuis sept ans, j’ai rencontré énormément de Français et autres étrangers qui ont vécu/vivent ici aussi ou sont venus comme touristes, mes collègues de blogs de français en Allemagne relatent aussi tous la même chose et ils sont de Francfort, Hambourg, Berlin, Brême, etc. et c’est un fait, certains traits de caractère « allemands » ont été remarqués par tout le monde, partout en Allemagne!!  Même les Allemands eux-mêmes les connaissent ces traits de caractère-clichés et reconnaissent qu’ils sont vrais! Si cela vous amuse, vous n’avez qu’à traiter ces milliers de personnes de menteuses, ça vous fera un point commun avec certains grands abrutis de notre monde qui croient que tout est mensonge …

Alors à ceux qui pensent connaître l’Allemagne parce qu’ils y ont passé une semaine il y a vingt ans, parce que l’arrière-grand-oncle de votre voisin était Allemand ou parce que vous vous êtes entichés d’une Allemande et que l’amour, c’est bien connu, rend souvent aveugle et c**, à ceux-là qui estiment connaître mieux l’Allemagne que les Allemands et les locaux, allez répandre votre bêtise et votre méchanceté gratuite ailleurs! J’en ai vraiment plus que marre de me faire insulter par des inconnus qui n’ont rien d’autre à faire que d’écrire des commentaires haineux et bourrés de fausses idées! Si vous estimez que je ne raconte que des salades, alors allez voir ailleurs si j’y suis!

Pour les autres lecteurs, avec qui on peut discuter, même avoir des avis différents mais en discuter entre gens civilisés (car oui pour les haineux, je sais reconnaître mes erreurs, c’est d’ailleurs une de mes plus grandes qualités, et j’accepte sans problème les critiques, mais uniquement quand cela vient de gens qui me respectent et qui fondent leurs arguments sur du concret!), je vous remercie d’être aussi respectueux et ouverts d’esprit! Ne changez surtout pas car c’est grâce aux gens comme vous que le monde n’est pas encore devenu complètement fou et tordu!

Enfin, pour mes « gentils » lecteurs, excusez-moi pour cet article particulièrement agressif, mais recevoir des commentaires haineux, insultants, sur des arguments non fondés (le meilleur de tous a quand même été un « No comment » en guise d’argument, très constructif …), ça fini par être lassant et blessant! J’en ai assez qu’on me traite de Nazi parce que je vis en Allemagne, qu’on me dise d’aller me pendre quand je pousse un coup de gueule (c’est du vécu!!!) ou que des minables se permettent de me faire des leçons de moral alors que eux-même ne connaissent rien au sujet en question dans l’article commenté qu’ils n’ont d’ailleurs rarement lu en entier! Je me demande toujours à  quel point ces imbéciles peuvent s’ennuyer dans leur vie pour perdre leur temps à écrire des commentaires aussi méchants (et souvent longs en plus!). Ils doivent avoir une vie tellement miséreuse pour gâcher leur temps à ce point!

Pour finir sur une note plus légère, parce que je déteste rester sur un conflit, je souhaite à toutes les personnes saines d’esprit, ouvertes, cultivées, gentilles, polies, bref, à tous les gens bien, un très bel été et de bonnes vacances à ceux qui en ont 🙂 ! Comme dit au début de cet article, je pars demain pour les Seychelles, mais le blog restera en activité, des articles sont programmés pour mon absence, en attendant de revenir avec des photos et des récits de mon séjour sous les tropiques 🙂