Quand j’étais au-pair à Aix-la-Chapelle

Repris de mon blog précédent, voici un récit de mon expérience d’au-pair…

L’avant au-pair

L’envie de devenir au-pair m’est un peu venue spontanément, comme beaucoup de choses dans ma vie en fait (je n’ai jamais besoin de réfléchir longtemps pour savoir si je veux faire telle ou telle chose, j’ai besoin de la vivre, et je ne regrette rien car chaque expérience est un enrichissement personnel –fin de philosophie à la Audrey). C’était au début du printemps 2009, j’avais déjà le projet de venir vivre en Allemagne et j’avais pour ambition pour l’été 2009 d’améliorer mon allemand avant le grand départ de l’été 2010. Et qui dit apprendre une langue vite, sans dépenser trop d’argent, dit devenir au-pair-c’est-le-plus-simple. C’était aussi l’occasion de vivre sur une courte durée en Allemagne et de voir comment je me sentais dans ce pays qui m’attirait tant et où pourtant, je n’étais jusqu’à présent allée que trois fois. Me voilà donc partie à la recherche d’informations et surtout, à la recherche de la famille qui voudra bien m’accueillir pour quelques semaines. Au départ, mes recherches se portaient en Allemagne, Autriche et Suisse, enfin un peu tous les pays germanophones où je pourrais pratiquer l’allemand. Pendant deux mois j’ai eu des contacts +/- sérieux avec des familles d’un peu partout et surtout de NRW (car oui, j’étais déjà complètement in love de Cologne :-)). Et puis j’ai trouvé la famille fin mai pour un départ fin juillet, sur le site Aupair-World, celle avec qui ma date de départ correspondait à leur date de retour de vacances, celle qui voulait bien me prendre pour six semaines comme summer au-pair. Le destin a en plus voulu que je trouve une famille à Aix-la-Chapelle à une heure de train de Cologne, idéal donc vu comme ça.

Cette famille, c’était Jens (j’avoue, je ne suis plus sûr du prénom :$) le très grand papa blond aux yeux bleus, Uta la maman de 1m80 à la carrure de camionneuse qui est impressionnante, Neele la première fille de 14 ans qui joue de la flûte traversière, Rieke la deuxième fille de 13 ans qui a déjà hâte de me rencontrer, Lasse le premier garçon de 8 ans qui est très indépendant et Fiete le petit dernier de 4 ans qui est capricieux avec un merveilleux sourire. Sans compter les deux lapins dans le jardin. Oui, 4 enfants à s’occuper, mais mon travail consistait à faire le taxi pour Rieke et occuper Lasse et Fiete pendant les vacances et après-midi, ainsi que le ménage et la cuisine de temps en temps.

Je suis donc partie le 27 juillet 2009 pour un retour normalement prévu le 8 septembre.

Le pendant

Dès le début, les choses n’ont pas été aussi bien qu’elles auraient pu l’être avec la mère de ma famille d’accueil. Elle me reprochait de ne pas assez m’intégrer à la famille alors qu’avec mon allemand encore faible, cela m’était difficile et puis, elle était toujours enfermée dans sa chambre, donc difficile d’établir un contact. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer de faire des efforts (maigres je l’avoue, mais toutes ces nouveautés m’avaient un peu déstabilisée). Les choses en fait n’ont fait qu’empirer avec elle jusqu’à la quatrième semaine où je reviendrai plus tard.

Avec les enfants, ça allait pas mal, ils n’avaient en fait pas besoin d’une fille au-pair, tous étant très indépendants, je ne servais surtout de femme de ménage et de taxi. A ce propos, la voiture que je devais conduire était immense et dans une ville aux rues assez étroites, ça n’a pas été facile tous les jours. Si bien que, en plus du rétro intérieur qui s’était décollé un jour, j’avais cassé un des rétro extérieurs en sortant de la micro-cours qui servait de parking et donc la micro rue était aussi large que la voiture ; et j’étais aussi rentrée dans la voiture d’un des voisins créant un mini-voilement sur sa portière. Et évidemment, ça n’a fait qu’empirer les choses avec ma host qui ne pouvait, et n’a jamais pu m’encadrer. Et c’est d’ailleurs ce qui a posé tous les problèmes.

Au début de la quatrième semaine, on a discuté un bon moment à ce sujet, il me restait encore 2 semaines à faire, et lors de la dernière semaine, elle partait avec le petit dernier en Islande, les 3 grands étant seuls à la maison avec moi, il y avait donc une seule semaine à devoir la supporter. Elle m’avait demandé si je voulais rester ou rentrer chez moi vu que les choses n’allaient pas très bien et que je ne servais plus à rien vu que je ne conduisais plus. Je lui avais répondu que par respect pour l’engagement que j’avais signé et pour ne pas laisser les enfants seuls à la maison cette dernière semaine, je resterais jusqu’au 8 septembre. Ça c’était le lundi matin. Le lundi soir, je m’étais faite engueuler comme du poisson pourri pour un petit truc que j’étais sensé faire le vendredi suivant et que forcément, je n’avais pas encore fait (du lundi au vendredi, j’avais le temps). Mais bon, j’étais son défouloir, comme je vous l’ai dit, elle ne m’a jamais encadré et du coup, elle trouvait des problèmes histoires de me crier dessus. Une fois partie, je rentre dans ma chambre, ayant hâte d’aller me coucher et d’oublier cette journée, et là, surprise sur mon lit ! Sans rien me dire, elle m’avait acheté des billets de train pour le lendemain matin, renvoie express direction Grenoble. Oui, vous avez compris, elle n’en avait rien à faire que ces enfants restent seuls une semaine entière à la maison du moment que je n’étais plus là. C’est digne d’une bonne mère. Il me restait donc une nuit pour faire mes valises, écrire à mes amis pour annuler tous les rendez-vous que j’avais avec eux les deux semaines à venir. Forcément, mon orgueil en a pris un coup mais d’un côté, le cauchemar était fini. Mais la réelle grosse raison de ma grosse tristesse suite à ce départ, c’est que j’avais fait la veille une rencontre, un gros coup de foudre réciproque. Et mon départ pouvait rendre impossible cette liaison (et j’en aurais encore plus voulu à ma host).

L’après

Heureusement, la vie est parfois bien faite et elle m’a accordé une unique chance. Et malgré la distance, nous avons quand même pu être ensemble. C’est vrai, la fin n’a pas été idéale (les histoires d’amour finissent toujours mal, c’est bien connu). Il n’empêche, c’est et ça restera certainement la plus belle chose qu’il soit arrivé dans ma vie. Et c’est d’ailleurs en grande partie pour cette raison que mon aventure d’au-pair est au final une très bonne expérience (et aussi parce que je ne donnerai pas le plaisir à ma famille d’accueil de dire que cette expérience m’a pourri la vie).

Et une chose est sûre, malgré ces problèmes avec ma famille, je me suis toujours sentie bien dans ce pays ! Donc il était tout naturel que mon désir d’y vivre était toujours aussi présent après mon séjour.

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5 réflexions sur “Quand j’étais au-pair à Aix-la-Chapelle

  1. cyrille, le praticien du bilinguisme dit :

    Bonjour,
    Je suis toujours intéressé par le ressenti des jeunes filles au-pair. J’en ai eu 3 dans notre foyer et cela n’a pas toujours été facile pour nous en tant que parents. Nous sommes contents que les enfants aient toujours été heureux de revoir leurs « au-pair », ce qui prouve que le temps arrange bien de choses.
    Bien cordialement,

  2. Mélissa dit :

    Bonjour,

    Je suis tombée sur ton blog via le Forum des assistants.
    J’ai aussi eu une expérience d’au pair qui n’a pas été comme je l’imaginais (ma host mum dans ma deuxième famille étant une vraie c*nne), pourtant ça a été une super expérience que je ne regrette pas du tout.

    C’est vrai que la vie n’est pas si mal faite 🙂

  3. Mélissa dit :

    Oui d’ailleurs, effectivement je suis/j’étais sur le Forum au pair 🙂
    C’est vrai qu’être à Londres (ou même en Grande-Bretagne) pendant les JO était une super expérience ! J’ai rencontré plein de gens (dans les bars, ou même dans le bus), que pour la plupart je n’ai plus jamais revu/parlé.
    Mais il ya des c*ns partout, et j’ai l’impression que dans les expériences d’au pairs, les host mums sont souvent tordues 😮

  4. Aurélie dit :

    Merci pour ce résumé d’expérience. Je comptais partir en au pair cet été, ça m’a un peu refroidit… Est-ce que ça t’as vraiment permis de progresser en allemand ? (parce que c’est quand même le but ^^)

    • audreycologne dit :

      Oups, si mon article refroidit les gens pour partir au-pair, je devrais peut être le modifier 😉
      Mais sinon oui, j’ai vraiment progresser en allemand, notamment, c’est ce mois qui m’a permis d’être au top en compréhension (sans forcément comprendre, mais déjà être capable de reconnaitre les mots pour les chercher ensuite, c’est bien)

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