Notre mariage franco-allemand

Notre année mariage (en Allemagne) étant désormais terminée, j’en profite pour vous faire un petit résumé de chaque partie.

Le Polterabend

Nous avons longtemps hésité à faire un Polterabend. Partagés entre l’envie de faire cette tradition et le fait qu’encore 3 autres fêtes de mariages étaient à venir et à préparer, nous avons à plusieurs reprises fait la girouette. Finalement, nous nous sommes lancés et se fut une très bonne décision. En plus de faire cette tradition d’avant mariage allemande, c’était en plus l’occasion pour nous d’inviter nos collègues et autres connaissances non invitées au mariage pour célébrer avec eux cet événement.

Dans la plus pure tradition, notre Polterabend s’est déroulé devant la maison familiale, en l’occurrence devant chez mon beau-père. Ce fut sans grand chichi comme cela se fait, mais je me suis permis quelques petits plaisirs avec une décoration élaborée et diverses petites animations dont on me reparle encore! Les Allemands ne sont pas prêts d’oublier ce Polterabend aux accents français!

Durant cette soirée, peu de vaisselle a été cassée mais sachant qu’il est d’usage de renverser le container pour donner l’occasion aux futurs époux de balayer encore plus, nous avons eu suffisamment de quoi travailler avec 4 renversements!

aperçu des débris de notre soirée

Le civil

Quelques jours après le Polterabend suivait notre mariage civil. La préparation du dossier n’a pas été aussi compliquée que ce que je craignais, par contre, celui-ci nous a coûté une petite fortune! Comme je vous le disais ici, le mariage en Allemagne est payant. Nous nous sommes mariés en semaine, nous n’avons pris aucun extra, et pourtant nous avons du débourser la jolie somme d’environ 450€ rien que pour le dossier!

Passé ce « détail » économique, nous avons célébrer notre mariage en petit comité. La journée a commencé par la cérémonie qui nous a uni pour la vie. A notre sortie de la mairie, deux jolies surprises nous attendaient : tout d’abord une haie de parapluies portés par les membres de notre association ; puis quelques enfants de mon Kindergarten ainsi que ma chef et une de mes collègues, et encore quelques autres amis.

La CÉRÉMONIE laïque

Quelques mois après notre union civile en petit comité, nous avons remis ça entourés de nos familles et amis. Nous avons célébré notre cérémonie laïque et organisé notre réception au Glessener Mühlenhof (un moulin) où nous avons été merveilleusement bien accueillis! N’hésitez pas à aller y faire un tour, on peut visiter le domaine (une ferme avec nombreux animaux, moulin et anciennes granges) en tant que particulier, ça en vaut le coup ;).

Ce mariage, nous l’avons organisé de A à Z (cérémonie faite maison, déco entièrement faite main, déroulement, animations, nous n’avons rien laissé au hasard). La journée et la soirée se sont déroulées sous une chaleur écrasante et tout s’est très bien passé! Maintenant, la tête pleine de jolis souvenirs, nous regardons déjà vers l’avenir et de nouveaux projets qui nous tendent les bras et dont j’espère pouvoir bientôt vous parler ;).

Être une femme, une mère et travailler

J’ai longuement réfléchi à comment j’allais pouvoir écrire cet article. Il me pend au nez en effet depuis un moment, mais je ne savais pas comment tourner le tout. Mais aujourd’hui, je me lance, en espérant que ce ne sera pas trop brouillon ;). Au passage, non, je ne suis pas enceinte, mais ce sujet me concernera (je l’espère!) dans les prochaines années alors pourquoi ne pas commencer à l’aborder aujourd’hui?

Être mère et travailler sont deux notions qui peuvent parfois aller de paires, et parfois être contradictoires. En Allemagne notamment, pour une mère, il est très difficile de concilier vie de famille et vie professionnelle alors qu’en France, cela semble plus évident.

En Allemagne de nos jours encore, beaucoup de mères se voient comme des femmes au foyer . Être mère signifie malheureusement (ou heureusement pour un certains nombre d’entre elles que cela arrange) rester à la maison à élever les enfants et faire tourner le foyer. Depuis que je travaille en Kindergarten, je me rends d’autant plus compte de cette fracture dans la société allemande : d’un côté, les « traditionnels » (homme ou femme) pour qui une femme doit rester à la maison durant de nombreuses années après la naissance des enfants et qui prennent ensuite éventuellement un petit temps partiel jusqu’à la retraire. De l’autre côté, les modernes, qui estiment qu’une femme a le droit de travailler, à temps plein, même quand les enfants sont en bas âge. L’État allemand fait toujours plus d’efforts pour pouvoir contenter ces dernières qui, après avoir eu leurs enfants, souhaitent retourner à la vie active en proposant des infrastructures d’accueil des jeunes enfants notamment ou en incitant l’embauche à temps partiel par les entreprises (souvent menées par ces hommes traditionnels, vous voyez le hic).

Le problème de l’Allemagne, c’est que le côté traditionnel est encore très ancré dans la société malgré le bon vouloir du gouvernement et que les traditionnels jugent et trouvent inacceptable tout ce qui est fait pour permettre aux jeunes mères modernes de retourner travailler rapidement et de laisser leurs enfants au Kindergarten. Pour eux, c’est une honte, un signe indiscutable que ces femmes sont de mauvaises mères. Et si les enfants plus tard ont des problèmes psychologiques, c’est de leur faute aussi, « elles n’avaient qu’à être présentes quand les enfants étaient petits ». Ce discours, je l’entends au quotidien et je me prépare d’ores et déjà à être à mon tour « une mauvaise mère » parce que je ne compte pas passer 10 ans comme mère au foyer. Et pourtant, je ne suis pas une carriériste, je veux seulement assurer un bon quotidien à ma famille. Il faut aussi penser à la retraite, les femmes qui ont travaillé une grande partie de leur carrière uniquement à temps partiel et/ou étant restées à la maison pendant de nombreuses années, c’est l’assurance de n’avoir quasiment rien une fois arrivée la retraite. Si en plus elles ont la malchance de divorcer ou de perdre leur mari qui jusqu’à présent assurait les rentrées d’argent, la situation devient très critique. Evidemment, cela n’arrive pas à tout le monde et touche surtout les petits salaires, mais c’est encore un facteur à prendre en compte.

En France, on connaît l’inverse. Les congés maternités classiques se finissant après 3 mois, les bébés sont confiés très tôt à des crèches ou nourrice et les mamans retournent travailler. Ce fut d’ailleurs mon cas et je ne m’en porte pas plus mal, ma mère n’est peut être pas si mauvaise que ça, en tout cas, bien meilleure que beaucoup de traditionnelles! Pour les femmes allemandes, les Françaises sont des mères corbeaux qui abandonnent leurs enfants. Sauf qu’évidemment, avec un mini congé maternité et plus de ressources après, beaucoup n’ont pas d’autre choix. Il faut savoir qu’en Allemagne, le congé maternité est d’un an, un rêve pour de nombreuses Françaises (n.b. le sujet congé maternité en Allemagne est en fait beaucoup plus complexe, j’y reviendrai une autre fois). Mais même avec cet argument, les traditionnelles ne comprennent pas comment on peut « abandonner » un bébé de 3 mois pour aller travailler. Pour elles, il vaut mieux vivre avec très peu de moyen voire rien du tout, mais être présente pour le bien être moral de l’enfant.

J’arrête ce débat qui peut tenir une discussion pendant des heures car ce sujet, c’est un peu comme la politique ou la religion, tout le monde est sûr d’avoir raison et personne ne veut admettre que les autres alternatives ne sont pas forcément mauvaises. Des meilleures amies peuvent s’entre-tuer avec un tel sujet. Si vous habitez en Allemagne ou connaissez des Allemandes, faite le test, vous verrez l’engouement monter :).

Et vous, vos expériences à ce sujet?

ps : si vous lisez d’autres blogs franco-allemand, vous avez certainement déjà lu des articles sur ce sujet chez quelques compatriotes comme Any Holy Idea ou Die Französin :).

Les pires phrases à entendre en tant qu’expat

En discutant avec une copine expat (Hongroise en Autriche), et auparavant avec d’autres, on s’est rendu compte que peu importe d’où on venait et d’où on vivait, il y avait certaines phrases que l’on entendait sans cesse, même après des années passées dans une même ville. Alors j’ai voulu vous faire partager ces quelques réflexions qui finissent par agacer ;).

  • Quand est-ce que tu penses rentrer chez toi? Dans le sens, quand est-ce que tu rentres en France?

Je rentrerai au plus tard ce soir chez moi, après le travail. Ah oui, car chez moi, c’est mon appartement à Frechen avec mon amoureux et mes animaux, ce n’est pas le pays qui m’a vu naître et que j’ai quitté il y a 5 ans. C’est « juste » mon pays d’origine.

Mais si vous voulez vraiment une réponse, pourquoi devrais-je tout quitter pour « rentrer » en France? Quitter mon travail, mon copain, mes amis pour une vie que je n’ai plus en France? Oui j’y ai encore des amis et ma famille et je suis heureuse d’avoir cette partie de ma vie encore en France. Mais sinon, je n’ai rien, je ne sais pas/plus comment fonctionne le marché du travail, la sécu, les assurances, etc. J’exagère mais venir vivre en France serait pour moi comme une nouvelle expatriation.

  • Tu es en vacances? Tu rentres en France?

Non, je vais voyager ou rester à la maison. Expat ne veut pas dire passer tout son temps libre dans sa ville d’origine. Surtout que généralement, quand on est expat, on aime voyager, alors temps libre est synonyme de nouvelles découvertes, et je suis maintenant assez connue pour être une « souris voyageuse » (Die Reisemaus, une histoire pour enfant :)). Alors non, la France, c’est une ou deux fois par an, le reste, je le réserve pour découvrir d’autres régions/pays. La vie est trop courte pour passer son temps toujours au même endroit pendant les vacances ;). Et ce ne sont pas mes parents qui diront le contraire car c’est eux qui m’ont éduquée et transmis la passion des voyages.

  • Tu as rencontré ton copain en Allemagne? Il est Français?

Oui, pas mal d’expat rencontrent leur partenaire à l’étranger et il se trouve que ce partenaire est aussi de leur nationalité parce que ces personnes passent beaucoup de temps entre expat. Sauf qu’il y a encore plus d’expat qui rencontrent leur partenaire à l’étranger et bizarrement, ce partenaire est de la nationalité du pays d’accueil. Oui bizarre car visiblement, c’est assez étrange que j’ai rencontré un Allemand en Allemagne. J’aurais rencontré un Nord Coréen, les gens auraient presque trouvé cela plus normal. Et puis, rencontré une Français ça aurait été quand même pas mal, histoire de ne pas trop se mélanger, et là malheureusement je n’exagère pas quand je dis que certains voient cela d’un mauvais œil.

  • Après un mois en Allemagne « Woaw tu es sûrement bilingue!! »

Combien de fois aies-je expliqué à mes amis qu’on ne devenait pas bilingue en si peu de temps :)? Mais il faut dire que certains expat vendent bien la chose en se déclarant bilingue après quelques mois passés dans le pays alors qu’ils sont partis de zéro niveau langue.

  • En tant que Française, tu travailles donc comme prof de français, traducteur, ou tout autre métier où tu ne te sers que du français / dans un Kindergarten français?

Ah bon, je ne savais pas que c’était une règle. M*rde alors, j’ai tout faux! Je ne me sers pas du tout du français dans mon quotidien! Mais attends, pourquoi ça devrait être une règle? C’est sûr, le français est un gros avantage mais pas une obligation. La preuve, je m’en sors très bien sans!

Avec les années, j’entends ces phrases un peu moins, mais quand je fais une nouvelle rencontre, il suffit d’une heure pour les entendre toutes en une fois. Je laisse causer bien sûr, j’ai beaucoup appris à ne pas prêter attention à ce genre de jugements depuis de nombreuses années. Mais ayant beaucoup de connaissances expat d’un jour ou de toujours, j’avais envie de vous partager une partie de notre quotidien :).

Et sinon vous les expats, vous avez d’autres phrases de ce genre à faire partager :)?

Les pires phrases à entendre quand on est célibataire

Un article coup de gueule qui me pend au nez depuis un moment, parce qu’être célibataire n’est pas une tare!

✿ « Pourquoi t’es célibataire? » : LA question qui tue! Et en plus, ça accentue le sentiment de culpabilité qu’on traîne déjà sur nos épaules. Sérieux, ça ne peut pas vous venir deux secondes à l’esprit qu’on a une vie de m*rde qui a décidé que non, nous n’avions pas le droit à la vie à deux?

✿ « Moi je regrette des fois mon célibat » : ben redeviens célibataire et puis c’est tout! Toi tu as le choix de redevenir célibataire ou non, moi je n’ai pas le choix, on me l’impose!

✿ Et la suite « Profites-en! » : profiter de quoi? De rentrer seule le soir chez moi, de passer mes nuits seule, de n’avoir que des projets seule, de manger seule, de tout faire toute seule et de renoncer à beaucoup d’activités qui se font à deux, de ne pas pouvoir m’imaginer un beau mariage, des enfants, une vie de famille?? Et j’en passe encore. J’en ai plus que largement assez profiter de la solitude, et pour plusieurs vies! Et franchement, c’est maintenant que je suis jeune et qu’il y aussi des choses dont on ne peut profiter qu’à deux. Une fois vieux, c’est trop tard et voilà, là je passe à côté de beaucoup de choses à cause de ma « merveilleuse solitude ».

✿ « Tu vas retrouver vite » : ça je l’ai entendu dès le lendemain de ma dernière rupture… on ne doit pas avoir la même notion de « vite », en tout cas, pour moi, c’est une notion de temps qui dure tout au plus quelques mois, pas plusieurs années.

✿ « Tu es (en vrac, toujours avec le mot « super » devant) : jolie, intelligente, drôle, sympa, cultivée, etc. (parfaite quoi). Pourquoi tu trouves pas? » : merci de me rappeler une énième fois que quelque chose cloche sérieusement chez moi, au cas où j’en douterais encore.

✿ « À 24 ans ça faisait longtemps déjà que j’étais avec mon copain » : eh puis flûte! pourquoi à 24 ans on devrait déjà tous être casés à vie, c’est super jeune 24 ans! A votre avis, pourquoi la moyenne d’âge du premier mariage chez une femme est de 30 ans? Et pourquoi il y a autant de divorces? Peut être serait-il déjà judicieux de prendre son temps et de réfléchir un peu.

✿ « Mais en fait moi je suis en couple parce que je ne supporte pas de vivre seule » : comme je l’ai déjà dit plus haut, moi j’aime tellement vivre seule que c’est sûrement la raison de mon célibat. Sérieusement, vous ne croyez vraiment pas que j’aimerais aussi avoir quelqu’un qui soit là quand je rentre chez moi, qui me donne un peu d’affection, avec qui faire des têtes à têtes et pouvoir parler plutôt que de faire un tête à tête avec moi-même?!

✿ « Alors, ça y est, t’as un copain?? » : et ça fait quoi si moi je dis « Alors, ça y est, tu t’es fait(e) larguer?? », c’est méchant n’est-ce pas? Eh bien c’est exactement ce que vous faîtes avec vos questions.

✿ Et plus général, en tant que célibataire, on n’a pas le droit d’être heureuse -> l’autre fois j’étais de très bonne humeur, et du coup, tout le monde en a déduit que c’est parce que j’avais (enfin) trouvé un copain! Dois-je donc pleurer tout le temps où je suis seule? Dans ce cas, je ferais concurrence aux plus grandes mers du monde avec toutes les larmes que j’aurais versé! Sans compter que je réduirais encore mes chances qui sont actuellement de zéro de retrouver quelqu’un Et le comble, c’est qu’on me reproche de me plaindre de ne pas être heureuse seule, et quand je le suis, on ne me croit pas. WTF?!

Voilà, maintenant, j’ai juste envie de dire à tout le monde (pardon), à toutes les personnes en couple qui ne savent même pas/plus ce que c’est que la solitude, ne dîtes plus rien. Laissez-moi tranquille ainsi que les autres célibataires. Vous n’imaginez même pas à quel point ça peut être blessant toutes ces remarques. Et là, j’en suis au point où je n’aurai aucun scrupule à couper les ponts avec ceux qui seront incapables de comprendre cette situation. Perdre des amis? Ce ne sont pas des vrais amis s’ils ne peuvent pas me comprendre. Beaucoup déjà me voient d’un mauvais œil parce que ça fait longtemps que je suis seule, sans compter ceux qui me fuient carrément parce que je pourrais leur porter la poisse et briser leur couple (oui, ça existe, les gens en couple qui fuient les célibataires parce que nous sommes porteurs de la peste), alors pour appeler ça « amitié », on repassera.